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Le 4 septembre 2008
Ce grand pilote de rallye a marqué les années 70. Son style de pilotage, très propre, et son professionnalisme lui ont permis de remporter 87 victoires dont 6 au Tour de Corse, 4 au Tour de France Auto. Sa victoire d'anthologie au Monte Carlo 1979 sur sa fameuse Lancia Stratos HF reste dans les mémoires. Auparavant, après avoir débuté sur NSU en 1968, il participa à la victoire d'Alpine Renault au Championnat du Monde des Rallyes 1973 et remporta 2 fois le Championnat d'Europe (1976 et 1977) et 3 fois le Championnat de France (1972, 1976 et 1978).
Il a fondé l'association Citoyens de la Route en 2004 et ses chroniques sur France Inter et dans Le Parisien apportent une vision de la sécurité routière basée sur une expérience de référence.

1) Comment avez-vous attrapé le virus de l'automobile ? C'est le virus de la compétition que j'ai attrapé en premier, avec le judo, l'athlétisme et le vélo. J'ai été coureur cycliste jusqu'à 24 ans, puis j'ai rencontré un rallyman (Michel Loiseau, un très bon pilote, vainqueur notamment du challenge NSU) dont j'ai été le copilote occasionnel de 1966 à 1968 et qui m'a fait entrer dans ce milieu. Il m'a dit un jour : « ta façon de conduire est inhabituelle ». Au Rallye du Touquet 1968, on m'a prêté une NSU, avec laquelle j'ai remporté la course. Quinze jours plus tard, je m'alignais à un second rallye (le Flandre Haynaut, un rallye international qui n'existe plus) et j'y gagnais à nouveau. Un an plus tard, je signais un contrat avec la marque NSU comme pilote d'usine (marque liée à Auto-Union, qui deviendront Audi quelques années plus tard, NDLR). C'est ainsi que commença ma carrière de pilote de rallye professionnel.
2) Quel est votre meilleur souvenir en la matière ? C'est mon premier rallye, car c'était ma première victoire. Je n'y croyais pas, je pensais que mes amis me faisaient une blague en me disant que j'avais gagné la course et je refusais donc de me rendre à la remise des prix; j'ai ainsi fait attendre le maire du Touquet devant le podium pendant une demi-heure ! Finalement j'y suis allé sans y croire, et j'ai mis en banque les chèques correspondant aux prix que j'avais gagnés seulement une semaine plus tard au cas où il s'agirait d'une erreur. Je ne pensais vraiment pas être un bon pilote.
3) Pouvez-vous nous raconter une expérience automobile particulièrement cocasse ou amusante ? Toujours en 1968, je vais voir, en tant que spectateur, les 24h de Spa en Belgique. Soudain on demande au micro s'il y a dans le public un pilote détenteur d'une licence internationale pour compléter un équipage auquel il manquait un troisième pilote. Je me présente, je donne mon nom, mon numéro de licence, mais je n'avais bien sûr ni casque, ni combinaison avec moi. Deux heures plus tard, une deuxième annonce passe au micro, on demande que le 3ème pilote fasse 5 tours du circuit pour qualification avec la voiture de course. Il s'agissait d'une Porsche 911 groupe 2. Je n'étais jamais monté dans une Porsche... et j'ai fait le meilleur temps de l'équipage ! A l'issue d'une réunion au sein de l'équipe, il a été décidé qu'un des deux autres pilotes prendrait ma place de remplaçant et moi la sienne. Au final, nous avons fini 3ème au classement général et je me suis retrouvé sur le podium, alors que j'étais simplement venu assister à la course !
4) Avez-vous un message à faire passer aux générations futures en matière d'automobile ? Les jeunes qui veulent faire carrière en sport automobile doivent se dépassionner et agir de façon professionnelle. Il y a beaucoup de disciplines dans le milieu de l'automobile, de nombreuses possibilités, il ne faut pas se laisser manipuler par les médias en ne jurant que par les disciplines en vue, tels que la F1 ou le WRC, car c'est le risque de refuser des offres, de passer à côté d'opportunités et donc de pénaliser sa carrière. Pour aller loin, il ne faut pas avoir peur de s'essayer à d'autres disciplines. J'en suis l'exemple même : au départ j'étais foncièrement voué, par mon style de pilotage, à devenir un pilote de circuit, mais j'ai accepté la proposition de devenir rallyman et ma carrière a décollé... Il faut prendre les opportunités quand elles se présentent, pour avoir la chance de réaliser son rêve et faire de sa passion son métier.
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