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Le 9 Décembre 2008
Aujourd’hui âgé de 44 ans, l’ancien Champion du Monde de Formule 3000 (en 1990) se consacre exclusivement à sa passion pour l’Alpine A110. Il a monté depuis quelques années le Comas Historic Racing, qui propose des programmes clés en mains de rallye historique au volant de la mythique berlinette. Son expérience de pilote de Formule 1 de 1991 à 1994, ses titres nationaux dans plusieurs disciplines (depuis le karting en 1983 jusqu’à la F3 en 1988) et internationaux (en GT Japon sur Nissan en 1998 et 1999), lui ont forgé un sacré palmarès de pilote de circuit. Et pourtant Erik Comas est un amoureux de la glisse et du rallye…
1. Comment avez-vous attrapé le virus de l’automobile ? Je suis né dedans ! Mon père était garagiste à Romans, et quand il devint agent Matra Sports, au temps des Jet 5 et Jet 6, il acquit une bonne réputation locale dans l’entretien et la mise au point de voitures de sport. Je voyais défiler dans le garage les Alpine, Miura, Daytona, 2,7l RS et autres bijoux que possédaient les industriels de cette capitale de la chaussure à l’époque. C’est la berlinette Alpine qui m’a le plus marqué ; le week-end, nous sortions en famille en 1300S puis en 1600S. A 6 ans, assis à l’arrière, je me suis fait envoûter par l’ambiance unique de cette voiture. Lorsqu’elles remportèrent le premier Championnat du Mondes des Rallyes en 1973, j’avais 10 ans et j’étais comme un fou. A 13 ans je sortais de l’école en léchant pendant un quart d’heure la vitrine du concessionnaire Renault devant la dernière 1600SX. J’ai enfin acheté ma première berlinette en 1989. J’en possède 15 aujourd’hui avec mon Team Comas Historic Racing.
2. Quel est votre meilleur souvenir en la matière ? Je suis un passionné de rallye, mais si j’ai fait ma carrière en circuit. Mes sensations les plus fortes, je les tiens encore de la berlinette : sur la neige, c’est plus que du pilotage, c’est un ballet, une danse, grâce à la légèreté et à la précision de ce jouet. C’est sur la neige que j’ai appris à conduire, c’est ce qui m’a permis ensuite d’aller vite en course sous la pluie.
3. Pouvez-vous nous raconter une expérience particulièrement cocasse ou amusante ? C’est plutôt l’histoire d’un incroyable week-end que je voudrais évoquer. Le 28 juillet 1992, c’était le jour des 50 ans de mon père et il était venu me voir courir en F1 à Hockenheim. Aux essais, une suspension de la Ligier a cassé en passant la deuxième chicane à 314km/h. J’ai pris le vibreur à l’équerre, tapé le rail et toute la voiture s’est arrachée par morceaux, roues, moteur, boite… avant de prendre feu ! Je suis sorti apparemment indemne de ce qui restait de mon cockpit et j’ai cru me trouver mal en voyant ce petit bout de coque de survie duquel j’avais réchappé. On m’a emmené à l’hôpital en observation avec mon père qui est monté en hélicoptère pour la première fois de sa vie et le samedi, j’étais ressorti pour me qualifier avec le mulet. J’ai disputé le Grand Prix le dimanche et mon coéquipier a cassé sa voiture ; puis, en remontant mon mulet dans le camion après la course on l’a embroché par mégarde sur une tige de métal. Bilan du week-end pour l’écurie : 3 coques détruites…
4. Avez-vous un message à faire passer aux générations futures en matière d’automobile ? Nous sommes tous très concernés par les nouvelles énergies. Pourtant la part de l’automobile pèse très peu dans la pollution mondiale et elle sert trop facilement de bouc-émissaire. Je suis a priori complètement favorable à l’énergie électrique, à condition que l’on sache inclure le procédé de fabrication de cette énergie dans le bilan pollution de sa chaîne complète de production. Il faut donc être à la fois tolérant avec ce qui existe et ouvert au futur. L’essentiel est de conserver le plaisir que procurent les voitures historiques, par rapport aux voitures modernes, beaucoup plus aseptisées. J’espère que l’on reviendra sur des voitures plus légères. |