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Interview Pierre de Thoisy
Interview Pierre de Thoisy

Le 28 Octobre 2008

A 53 ans et plus de 400 courses, Pierre de Thoisy est un pilote connu, très professionnel, mais pourtant « amateur » : il a toujours eu un emploi à côté de la course. Il est actuellement Directeur Commercial et Marketing de Pescarolo Automobiles. Sa carrière mérite d'être mieux découverte. En effet, il a toujours réussi, en ne commençant la compétition automobile qu'à 24 ans, à trouver des sponsors et à les satisfaire assez pour vivre sa passion depuis 30 ans à travers de multiples épreuves, telles que Formules Renault et Ford, Production, et de nombreuses formules monotypes : Peugeot 505 et 309 Turbo, Porsche 944 Turbo, AC Cobra, Caterham, Venturi 400GT, Spider Renault et Lamborghini Diablo. Il a aussi gagné 2 fois les 24 H du Mans dans sa catégorie : sur BMW M1 Gr.B en 1984 et sur Spice-Cosworth proto C2 en 1988. Il a disputé de nombreuses autres courses d'endurance modernes et historiques et détient le record de victoires de la fameuse Carrera Panamericana (7 fois vainqueur, de 1997 à 2007). Réservée aux voitures anciennes, cette épreuve mythique qui traverse le Mexique sur 3000 km depuis plus d'un demi-siècle a permis à Pierre de Thoisy de tirer le maximum d'une Studebacker Champion de 1953. Avec son V8 de 6 litres (de 440 à 500 chevaux selon l'année), son design aérodynamique signé Raymond Loewy, cette grosse américaine est devenue une voiture-culte aux mains du « campeon francès». Avec un engin pareil sur de telles routes, il faut autant avoir le « gros cœur » qu'une sacrée expérience !

p-thoisy1) Comment avez-vous attrapé le virus de l'automobile ?
J'ai eu la chance dans mon enfance d'avoir pour voisin un propriétaire de Ferrari. Il lisait Sport Auto (d'ailleurs, plus tard, j'ai été pendant 18 ans le responsable de la régie publicitaire du magazine) et à son contact, j'ai été facilement « contaminé »... A 15 ans j'ai acheté un kart, dont j'ai remplacé le moteur de Mobylette par celui d'un Scooter. Puis j'ai pratiqué le Kart en courses pendant 6 saisons. A 23 ans, j'ai disputé le volant de l'école de pilotage WINFIELD à Magny-Cours pour démarrer en Formule Renault l'année suivante grâce à mes premiers sponsors Hugo Boss et Ciments Lafarge....

2) Quel est votre meilleur souvenir en la matière ?
Il y en a beaucoup ! Mes principales victoires bien sûr : aux 24 h du Mans, et aussi le Trophée Bardahl (sur AC Cobra de 400cv pour 900kg) que j'ai remporté en 1992 avec 6 victoires. Et enfin mes 7 victoires sur 15 participations à la Carrera Panamericana constituent autant de souvenirs riches en émotion.
Pierre de Thoisy sur Mercedes 300 SL - Carrera Panamericana

3) Pouvez-vous nous raconter une expérience particulièrement cocasse ou amusante ?
C'était le dernier jour de cette course, en l'an 2000, dans le nord du Mexique. J'étais en tête et nous avons ressenti de grosses vibrations pendant 5 spéciales d'une dizaine de kilomètres chacune. Puis, nous avons découvert que le carburateur de la Studebacker fuyait un peu, aussi on risquait l'incendie à tout moment. Or, la prochaine zone d'assistance se situait 200 kilomètres plus loin et, avec mon copilote, nous n'avions quasiment rien dans la voiture pour nous dépanner, à part du fil de fer ! Il nous aurait au moins fallu un chiffon, mais on n'en avait même pas ! Sur le parcours de liaison, je me suis arrêté à la hauteur d'un jeune indien qui portait un anorak. Je l'ai convaincu de nous céder sa capuche amovible pour un billet de 20 dollars... il sautait de joie ! Elle était composée d'une fausse fourrure, et doublée de mousse bien dense. Nous avons saucissonné le carbu avec ce baillon improvisé. La fuite ainsi colmatée, nous avons pu rallier l'arrivée sans encombre et remporter la victoire.....

4) Avez-vous un message à faire passer aux générations futures en matière d'automobile ?
Je conseille à ceux qui veulent devenir pilote de ne pas bruler les étapes et de toujours veiller à bien « renvoyer l'ascenseur » aux sponsors. Je pars du principe que lorsqu'on vous offre 100, il faut rendre 150. Il faut aussi bien documenter ses Partenaires, régulièrement, sur son actualité sportive, les inviter sur les circuits et les faire participer activement à l'aventure de la course.